Exigence 34
Ce que nous apprécions :
- La barrière de rappel dégressive (Step-down) : Le seuil déclenchant le remboursement anticipé baisse de 3 % chaque année à partir du mois 24, pour atteindre 70 % du niveau initial en fin de vie. Cela signifie qu'après quelques années, le produit peut se rembourser avec tous les coupons même si le marché a modérément baissé, ce qui est un moteur de résilience important.
- La fréquence d'observation mensuelle : Dès la fin de la première année, le produit offre une opportunité de sortie tous les mois (et non tous les ans). Cela multiplie les chances de capter un point haut de marché pour valider le scénario positif et récupérer sa mise.
Ce que nous n'apprécions pas :
- Le décrément en points fixes (50 points) : L'indice subit un prélèvement forfaitaire de 50 points par an, et non un pourcentage. Si l'indice baisse, ces 50 points pèsent de plus en plus lourd en pourcentage (ex: si l'indice tombe à 500 points, le prélèvement équivaut à 10% de frais par an). C'est un mécanisme très pénalisant en marché baissier qui accélère la chute.
- La zone de "rendement nul" à l'échéance : Attention à la subtilité des barrières à 12 ans. Le capital est protégé jusqu'à -50%, mais le gain n'est versé que si l'indice finit au-dessus de -33% (67% du niveau initial). Si l'indice termine entre -33% et -50%, vous ne récupérez que votre capital, sans aucun gain après 12 ans d'immobilisation.
- Le niveau de diversification bas de l'indice : L'indice est très concentré puisqu'il ne repose que sur les 20 plus grosses entreprises de la zone euro. De plus, sa structure sectorielle est très marquée par quatre secteurs cycliques : Luxe, Industrie, Banque et Technologie. Une crise sectorielle spécifique (ex: crise du Luxe en Chine ou crise bancaire) impacterait lourdement l'indice, contrairement à un indice généraliste plus large comme l'Euro Stoxx 50.
FRBCP1260470




Exigence 34 propose une mécanique de rendement agressive qui peut, en première lecture, paraître très attractive avec un objectif affiché de 11 % par an.
En pratique, cela signifie que le rendement n'est perçu qu'à la sortie du produit. Il s'agit d'un mécanisme à "mémoire" : tant que le produit continue, les coupons s'accumulent virtuellement et ne sont versés qu'en cas de remboursement anticipé ou à l'échéance si les conditions sont remplies.
Le scénario le plus favorable pour l'investisseur est un rappel rapide (dès le mois 12 ou dans les premières années). Si l'indice est stable ou en hausse, ou même en légère baisse (grâce à la dégressivité ultérieure), le produit s'arrête et verse le capital + 0,9167 % par mois écoulé. Par exemple, un rappel au bout de 2 ans génère un gain brut de 22 %.
À l'inverse, le scénario piège se situe à l'échéance des 12 ans si le produit n'a pas été rappelé. Contrairement à beaucoup de produits où la barrière de capital et de coupon est la même, ici elles sont dissociées :
- Si l'indice finit en baisse de -40%, le capital est sauvé, mais le rendement est de 0%. Après 12 ans, cela représente une perte sèche en euros constants (inflation).
- Si l'indice finit en baisse de -51%, vous subissez la perte totale sur le capital (remboursement de 49% du capital), sans aucun coupon.
L'avis de l'Observatoire : Le rendement facial de 11% est calibré pour compenser le risque du décrément en points fixes. Nous estimons que la probabilité de rappel anticipé est correcte grâce à la barrière dégressive, mais le risque de perte en capital ou de rendement nul à 12 ans est amplifié par le mode de calcul de l'indice.
Nom de l'indice sous-jacent :
Euronext Multi Sector Eurozone Top 20 Decrement 50 Points index
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a) Identification claire du sous-jacent et composition détaillée Cet indice est une sélection diversifiée de 20 grandes capitalisations de la zone Euro, réparties équitablement (25 % chacune) dans quatre secteurs clés. Voici la liste exhaustive des 20 valeurs présentes dans l'indice (pondérations au 2 décembre 2025) :
- Luxe & Habillement (5 valeurs) : Ce compartiment est dominé par LVMH (11,66 %) et Hermès (9,28 %), suivis par Kering (3,02 %), Moncler (1,78 %) et Brunello Cucinelli (0,44 %). C'est le moteur de croissance historique de la cote européenne.
- Technologie & Semi-conducteurs (5 valeurs) : Le poids lourd incontesté est ASML Holding (11,92 %), accompagné par Infineon Technologies (7,54 %), ASM International (3,62 %), STMicroelectronics (2,07 %) et BE Semiconductor (1,55 %). Ce bloc assure l'exposition à la digitalisation et à l'IA.
- Industrie & Aéronautique (5 valeurs) : On y retrouve les géants industriels Siemens (6,61 %) et Schneider Electric (5,08 %), ainsi que le secteur de la défense et de l'aéronautique avec Airbus (4,33 %), Safran (4,00 %) et l'allemand Rheinmetall (2,62 %).
- Banques (5 valeurs) : Le secteur financier est représenté par les leaders de la zone euro : Banco Santander (6,73 %), BBVA (5,20 %), UniCredit (4,88 %), BNP Paribas (3,87 %) et Intesa Sanpaolo (3,82 %).
b) Analyse technique et "Le Piège du Décrément" C'est le point crucial de l'analyse. L'indice réinvestit les dividendes bruts mais prélève une performance forfaitaire de 50 points par an.
Notre analyse : Au niveau actuel de l'indice (environ 967 points en déc. 2025 selon les simulations), 50 points représentent environ 5,17 % de prélèvement. C'est élevé, mais proche du rendement des dividendes de ces secteurs.
Le danger : Si les marchés corrigent et que l'indice tombe à 600 points, le prélèvement reste de 50 points, soit 8,3 % de frais annuels. Ce mécanisme agit comme une "gravité artificielle" qui tire l'indice vers le bas plus vite que le marché réel en cas de crise.
c) Scénario central raisonnable L'économie européenne montre des signes de reprise pour 2026, tirée par la consommation et l'investissement. Les taux directeurs devraient rester stables ou baisser légèrement, ce qui favorise les valeurs de croissance (Tech, Luxe) et maintient les marges des Banques. Dans ce contexte de croissance modérée (1,2 % à 1,4 % prévu pour la zone euro), les dividendes réels devraient compenser le prélèvement de 50 points, permettant à l'indice de se maintenir ou progresser, favorisant un rappel anticipé du produit,.
d) Scénarios de rupture Le risque principal est un choc externe (tensions commerciales, tarifs douaniers américains) qui ferait chuter les marchés européens. Le secteur du Luxe (LVMH, Hermès pesant très lourd dans l'indice) est très exposé à la demande chinoise, actuellement incertaine,. Si ces valeurs décrochent, le mécanisme de décrément en points fixes rendra la remontée de l'indice très difficile, augmentant le risque de perte en capital à l'échéance.
L'avis de l'Observatoire Le sous-jacent est de qualité intrinsèque (très belles valeurs), mais la structure "Décrément 50 points" le rend plus volatil et plus risqué qu'un indice classique. Ce produit est un pari sur la stabilité ou la hausse des blue-chips européennes à court/moyen terme. Il ne faut pas le conserver si les marchés entrent en récession durable.
Plus de détail sur le sous-jacent :
Comment fonctionne Exigence 34 ?
Mécanisme de fonctionnement détaillé
Phase 1 : Souscription
L'investisseur souscrit au produit (unité de compte) entre le 30/12/2025 et le 27/02/2026. Le niveau initial de l'indice est fixé le 27 février 2026.
Phase 2 : Année 1 — Période d'observation passive
Pendant la première année, le produit ne peut pas être rappelé. L'investisseur est engagé.
Phase 3 : Mois 12 à Mois 143 — Observation mensuelle et possibilité de rappel
Chaque mois, à partir du 26 février 2027, on observe le niveau de l'indice par rapport à son niveau initial. On compare ce niveau à une Barrière Dégressive :
- De l'année 1 à 2 : Barrière à 100% du niveau initial.
- Ensuite : La barrière baisse de 3% chaque année.
- À la fin (année 11-12) : La barrière est à 70%.
Si l'Indice ≥ Barrière Dégressive : Le produit s'arrête. L'investisseur reçoit 100% du capital + 0,9167% par mois écoulé depuis l'origine (soit 11% par an).
Si l'Indice < Barrière Dégressive : Le produit continue, on attend le mois suivant.
Phase 4 : Année 12 — Échéance finale (01/03/2038)
Si le produit est allé jusqu'au bout, on regarde le niveau final par rapport au niveau initial :
- Cas favorable (Baisse ≤ 33%) : L'indice est au-dessus de 67% du niveau initial. L'investisseur reçoit le capital + l'intégralité des coupons cumulés sur 12 ans (soit 232% du capital total).
- Cas médian (Baisse entre 33% et 50%) : L'indice est entre 50% et 67% du niveau initial. L'investisseur récupère uniquement son capital. Le rendement est de 0%.
- Cas défavorable (Baisse > 50%) : L'indice est en dessous de 50%. L'investisseur subit la perte de l'indice de plein fouet (ex: indice à -60% = remboursement de 40% du capital).

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Questions Fréquentes sur les produits structurés
Nos réponses à vos questions les plus fréquentes sur les produits structurés.
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En quoi consiste la protection du capital dans un produit structuré ?
La protection du capital dans un produit structuré signifie que l'investisseur est assuré de récupérer une partie ou la totalité de son capital initial à l'échéance, même si le sous-jacent performe mal. Cette protection peut être conditionnelle, par exemple, elle peut s'appliquer uniquement si la valeur du sous-jacent ne baisse pas en dessous d'un certain pourcentage de son niveau initial.
Qu'est-ce qu'un indice décrement ?
Un indice décrément est un indice synthétique ajusté pour refléter un niveau fixe et prédéfini de dividendes, contrairement aux dividendes variables des indices classiques. Cette approche permet une plus grande prévisibilité des rendements pour les produits structurés, notamment les autocalls, en facilitant la fixation de conditions attractives par les émetteurs. Toutefois, elle entraîne une différence de performance entre l'indice synthétique et son indice parent, impactant potentiellement la réalisation des gains. Les indices à décrément sont pertinents dans la structuration de produits offrant des rendements attractifs en échange d'une prévisibilité accrue, mais nécessitent une analyse approfondie de leur construction et de l'impact économique sur le rendement du produit structuré.
Pourquoi un indice décrement est pénalisé par le niveau élevé de ses dividendes synthétiques ?
Un indice décrément est pénalisé par le niveau élevé de ses dividendes synthétiques car ces derniers sont fixés à un taux supérieur aux dividendes réels versés par les entreprises composant l'indice classique. Ce différentiel crée une sous-performance de l'indice synthétique par rapport à son indice parent. En effet, le montant élevé des dividendes synthétiques est déduit de la valeur de l'indice, ce qui réduit sa performance globale. Dans un marché où les dividendes réels sont inférieurs au taux fixé pour les dividendes synthétiques, cet écart accroît la probabilité de sous-performance de l'indice décrément, affectant ainsi la valeur de l'indice et, par conséquent, le rendement des produits structurés qui y sont liés.
En quoi les produits structurés diffèrent-ils des investissements traditionnels ?
Les produits structurés se distinguent des investissements traditionnels par leur complexité et leur personnalisation. Ils sont souvent conçus pour offrir des profils de rendement/risque spécifiques qui ne sont pas disponibles via des investissements standard. Par exemple, ils peuvent offrir une protection partielle du capital, des rendements potentiels liés à des indices exotiques, ou des structures de paiement uniques. Cela dit, leur complexité peut les rendre moins transparents et plus difficiles à comprendre pour les investisseurs moyens.








